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Désinformation et biais cognitifs

Désinformation et biais cognitifs n’est pas un sujet nouveau. Et le phénomène est largement amplifié par les réseaux sociaux.

Rien de nouveau sous le soleil. Sauf que.

Sauf que en cette période de pandémie, on se trouve confrontés à toute une série de désinformations. On va essayer de faire un focus sur deux de nos biais : le biais d’autorité et le biais de confirmation.

Le biais d’autorité. Kezako ?

L’argument d’autorité tire sa crédibilité de la qualité d’une source.

Un exemple, non même deux.

Commençons par celui de Donald Trump et son invitation à utiliser de l’eau de javel à l’intérieur d’un corps humain pour exterminer le coronavirus (cf. https://youtu.be/pAk7PrB1FtY).

make america clean again
By asamkeya

« Le président des Etats-Unis réagissait aux résultats d’une étude selon laquelle le nouveau coronavirus, responsable de la pandémie, s’affaiblit dans une atmosphère chaude et humide ainsi que sous les rayons du soleil. » (article Le Monde : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/24/rayons-uv-et-desinfectant-injecte-dans-les-poumons-les-elucubrations-du-docteur-trump-contre-le-covid-19_6037652_3210.html)

Plusieurs américains ont pris au pied de la lette les propos de Donald Trump, les urgences ont enregistré un pic d’ingestion de désinfectants, et de nombreux appels sur le sujet également (cf. photo du tweet Maryland).

augmentation des appels aux urgences sur l'utilisation d'eau de javelJ’entends un certain nombre d’entre vous penser que quand même c’est évident, « Faut pas être totalement stupide quand même. ».

Mouais sauf que chacun d’entre nous à un moment donné peut être concerné par le biais cognitif d’autorité. Il s’agit de notre tendance à surévaluer ou à attribuer une plus grande précision à l’opinion d’une figure faisant office d’autorité sur un sujet et à être plus influencée par cette opinion.

L’autre exemple est celui de Luc Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008.

« Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il y a eu une manipulation sur ce virus. Une partie, je ne dis pas le total. il y a un modèle qui est le virus classique, venant surtout de la chauve-souris, mais auquel on a ajouté par-dessus des séquences du VIH. »

« Ce n’est pas naturel, c’est un travail de professionnel, de biologiste moléculaire, d’horloger des séquences. Dans quel but ? Je ne sais pas (…). Une de mes hypothèses est qu’ils ont voulu faire un vaccin contre le sida. »

Nombreux ont repris le propos en mode « Ca fait 100% conspi, mais c’est un prix Nobel qui l’affirme, et pas n’importe lequel : Luc Montagne (sic), le découvreur du virus du Sida. »

Heureusement quelques vaillants twittos luttent contre ce type de désinformation « Le prix Nobel n’est pas un totem d’immunité et ne protège pas de la connerie » @OriNOCO_117

Pour les courageux, je vous renvoie à un article sourcé sur les origines probables du virus : https://incenp.org/files/misc/2020/sars-cov2-origins.pdf

Le biais de confirmation et nos peurs de la mondialisation couplées à une défiance forte envers le monde politique.

Chacun d’entre nous a tendance à faire un tri dans les informations reçues, sélectionnant celles qui confirment nos hypothèses, ce mécanisme relève du biais de confirmation.

Quelques exemples : le virus serait une arme biologique développée en laboratoire, ou encore une ruse des élites pour contrôler le monde, peut-être une manière déguisée d’attaquer la Russie, ou la ferme intention du gouvernement français de ne pas donner volontairement de masques à la population.

Un dernier pour la route. Plusieurs publications très partagées sur les réseaux sociaux ont affirmé que le gouvernement a autorisé l’euthanasie des personnes âgées atteintes par le Covid-19, décret à l’appui. Gilbert Collard a notamment relayé « l’information », un dessin sur Facebook a été partagé par des millers d’internautes (cf. dessin : https://perma.cc/BT8J-XZUT)

Un décret du 28 mars 2020 est bien paru au Journal officiel du 29 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041763328&categorieLien=id.

La partie dans le décret sur le Rivotril concerne explicitement les soins palliatifs, qui sont des « soins actifs » destinés à « soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade », selon la définition de la Société française de soins palliatifs.

L’utilisation du Rivrotil n’a pas pour conséquence d’entrainer la mort mais bien d’accompagner les patients en soins palliatifs en situation d’asphyxie.

Pour aller plus loin : https://factuel.afp.com/covid-19-non-le-gouvernement-na-pas-autorise-leuthanasie-des-personnes-agees

Nous avons détaillé deux exemples d’actualité de désinformation et biais cognitifs. Regardons désormais les solutions.

Comment s’en sortir pour contrer la désinformation et nos biais cognitifs ?

Avec un kit de survie numérique.

Des gestes barrières numériques basés sur le principe de la latéralisation sont à mettre en place :

  • RDV sur plusieurs sites de fact-checking

    • Certains font le recensement des fakes news comme celui du Monde : « coronavirus : petit guide pour distinguer les fausses rumeurs des vrais conseils » ou de l’Agence France-Presse, Factuel : « Le coronavirus : les vérifications faites par l’AFP »
  • Gardez l’esprit critique en vérifiant par exemple sur les sites suivants :

  • Naviguez sur plusieurs sites de ressources pédagogiques, comme celui du Clemi, ou des Ceméa

  • Favorisez l’utilisation de plusieurs moteurs de recherche, comme Qwant ou Yandex.

  • Méfiez vous des comptes anxiogènes, véhiculant uniquement des « données » en direct non analysées

En un mot, variez vos sources, variez vos moteurs de recherche et abstenez vous de partager en cas de doute.

« De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. » Coluche

Conclusion

Pour finir, quand on écrit que nous sommes tous concernés à un moment donné, il ne s’agit pas d’une précaution oratoire. Les deux situations que nous avons décrites (biais d’autorité ou de confirmation) sont largement transposables dans les entreprises dans lesquelles nous travaillons.

Nous favorisons l’opinion d’une personne ayant une figure d’autorité : manager, dirigeant, expert, personne reconnue… Dans une équipe, nous percevons les propositions faites par les personnes plus expérimentées comme meilleures que celles faites par des plus jeunes, indépendamment de leur qualité.

Nous trouvons ce que nous cherchons en favorisant les informations qui confirment nos croyances préexistantes. Symétriquement nous écartons toute information susceptible de remettre en cause nos certitudes. Avec ce biais nous cherchons des solutions qui confirment ce que l’on sait déjà plutôt que de le remettre en question. Ce biais entrave la capacité d’une structure à innover.

Là également, la latéralisation peut nous venir en aide.

La pensée latérale est une façon particulière de résoudre les problèmes. Selon Edward de Bono, l’objectif principal de la pensée latérale est d’obtenir des idées nouvelles totalement inattendues. Pour atteindre cet objectif, le « penseur latéral » doit pouvoir modifier sa perception de la réalité. Ce qui est loin d’être évident dans la mesure où le cerveau préfère le confort de schémas pré-construits.

Il est donc nécessaire de faciliter voire forcer cette modification de perception. De nombreux outils existent pour cela.

Mais on parlera à un autre moment #teasing 😉

En attendant vous pouvez vous balader par ici.

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